mercredi 6 janvier 2016

"Rappelle-toi Barbara..."


INTERVIEW EXCLUSIVE DE TIFENN, L'HEROÏNE DE "SUR LA PLAGE, M'ABANDONNER"
Juste avant son embarquement pour une destination inconnue, Tifenn a bien voulu se prêter au jeu de l’interview. Dans le café de Roissy où nous avions rendez-vous, j’ai vu arriver une jeune femme souriante, très brune, discrète en apparence, mais qui ne semblait pas du genre à se laisser impressionner. Elle a commandé un thé vert, moi aussi et j’ai commencé à lui poser les questions que j’avais préparées. Je savais qu’elle avait 25 ans, travaillait comme réceptionniste dans un palace de Saint-Guirec, la station balnéaire bretonne où sa famille possède une villa. J’ai voulu la faire parler de son origine eurasienne. Elle s’est mordu la lèvre et s’en est sortie d’une pirouette : « Je suis née à Brest ». Sur sa situation amoureuse, elle s’est contentée de répondre en riant : « C’est compliqué ». Pas simple pour moi ! J’ai décidé de passer au portrait chinois. Peut-être en saurais-je plus par ce biais ?
- Si vous étiez un animal ?
- Un oiseau de mer. Une mouette par exemple. J’aime l’idée de pouvoir m’envoler loin, ailleurs.
- La Mouette, c’est le nom de la villa familiale aussi ?
- Oui, c’est amusant ! Je n’y avais pas pensé.
- Si vous étiez une couleur ?
- Le bleu sans hésiter. Le bleu du ciel et de l'océan sous le soleil, quand ils se confondent à l’horizon. Vous riez ? Vous pensez qu’il pleut sans arrêt en Bretagne ? Regardez la couverture

du livre dont je suis l’héroïne. C’est de ce bleu-là dont je parle, si changeant en fonction de la lumière.
- Si vous étiez une chanson ?
- « Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là… », a-t-elle fredonné. Cette chanson me bouleverse.
- Pourquoi ?
- Lisez « Sur la plage, m’abandonner », vous comprendrez.
- Si vous étiez un pays ?
- A votre avis ?
- Le Vietnam ?
- Quelle perspicacité, a-t-elle dit d’un ton gentiment moqueur.
- Si vous étiez un arbre ?
- Un pin, très vieux, très haut, comme celui du parc de la villa dans lequel mon père m’avait construit une cabane quand j’étais enfant.
Là, j’ai vu son beau regard aux paupières étirées se mouiller. On a annoncé son vol. Elle s’est levée en s’excusant de devoir me quitter si tôt. Je l’ai regardée s’éloigner avec un pincement au cœur. Mon thé vert était froid. J’ai ouvert le livre et je m’y suis plongée.
Propos recueillis par Marie Lerouge
http://www.amazon.fr/gp/product/B0171KH80Q
http://www.harlequin.fr/livre/8126/hqn/sur-la-plage-m-abandonner

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